brussels_airlineJ'atteste que les faits suivants se sont déroulés le 16 mai 2008 dans le vol n° SN 353 Y de la compagnie  Bruxelles Airlines. Lors d'un arrêt de transit à Bruxelles, pour un vol en partance pour Yaoundé au Cameroun, en arrivant à mon siège, j'ai constaté qu'il y avait un individu maintenu fortement par 3 autres individus. Cette personne portait une cagoule et une ceinture qui avait des menottes intégrées. Elle était couchée sur 3 ou 4 sièges et les autres personnes la maintenaient couchée afin qu'elle ne bouge pas.  On entendait des hurlements de bête, et la personne se plaignait de ne pas respirer.

Cette situation était insoutenable et j'ai été saisie par la cruauté de la scène et tenté d'intervenir oralement. J'ai demandé aux individus de desserrer l'étreinte et leur ai dit ue je trouvais anormal qu'une personne soit traitée de façon aussi inhumaine.

Les individus m'ont alors expliqué qu'ils étaient de la police Belge et qu'ils escortaient un sans papier. Qu'ils étaient obligés de le maintenir car cela faisait 4 fois que cet individu faisait du cinéma. Ils ont ajouté qu'ils lui avaient donné 250 € qu'il avait refusé et qu'ils devaient absolument l'expulser.

Je leur ai indiqué qu'ils avaient le droit d'appliquer la loi mais que la convention de Génève sur les prisonniers interdisaient des mesures de coercition sur les personnes. Qu'en vertu du droit international, ils ne  pouvaient pas utiliser la force et qu'ils leur appartenait de trouver des solutions humaines pour pratiquer l'expulsion sans pour autant perturber la sécurité de l'avion et étouffer l'individu en l'empêchant de crier.

Les enfants présents dans l'appareil hurlaient tous de peur à cause des cris de l'individu. Un monsieur a dit aux policiers que sa petite fille était complètement terrorisée. Tous les voyageurs ont commencé à protester. J'ai alors demandé aux policiers d'avertir le commandant de bord et qu'il vienne constater que les conditions de sécurité pour les passagers n'étaient pas réunies.

Tous les passagers demandaient le débarquement de la personne maintenue couchée afin que l'on puisse décoller il était inadmissible de décoller avec une personne maintenue couchée et que trois policiers tentaient de faire taire.

Mon mari et plusieurs autres passagers ont souhaité que le commandant de bord vienne constater la situation. Mon mari ancien policier à la retraite a souhaité voir les conditions de maintien de l'individu. Un policier l'a discrètement conduit à l'arrière de l'appareil et sorti sur une petite passerelle en dehors de l'avion. Un passager m'a informé que mon mari avait été conduit à l'extérieur de l'avion.

Ne le voyant pas revenir, j'ai voulu savoir où il était. Un policier m'a interdit d'approcher mon époux. Je lui ai dit qu'il n'avait pas le droit de retenir mon mari et qu'il ne pouvait pas m'interdire de le voir puisqu'il n'était sur le coup d'aucune décision.

J'ai aperçu mon mari sur la plateforme, j'ai alors essayé de le rejoindre c'est alors que le policier a fait une clé et je me suis retrouvée par terre et le policier sur moi. Il me maintenait sérieusement immobilisée. Il appuyait son bras sur mon coup de façon à me couper la respiration.

J'essayais de respirer tant bien que mal et je voyais la haine de ce policier dans ses yeux. J'ai réalisé qu'il pouvait aller très loin. Je suis bien restée allongée et lui sur moi pendant au moins 5 minutes. Je me suis aperçue que je saignais, j'ai demandé à avoir des soins, le collègue du policier m'a dit que je n'en aurai pas. Je leur ai dit qu'ils agissaient illégalement, le policier qui était sur moi m'a dit que c'était lui la loi et qu'il faisait ce qu'il voulait.

Il pouvait me débarquer, me mettre en garde à vue ou m'expulser. Je lui ai répondu qu'étant française, je ne
voyais pas où il allait m'expulser puisque j'étais dans l'espace européen. Après quelques menaces physiques et verbales, notamment de me faire payer le retard de l'avion, de me mettre en prison, le policier m'a relâché. Plusieurs témoins m'ont donné leurs adresses afin de se porter témoin.

Le commandant de bord n'est venu à aucun moment et en arrivant à Yaoundé lorsque j'ai dit aux hôtesses qu'elles devaient avoir honte de travailler en  cautionnant de tels actes, elles m'ont remis une interdiction de voler dans les lignes de Bruxelles Air Lines et j'ai dû acheter un autre billet afin de revenir en France.

Autre récit

Hermine RIGAUD
Adjointe au Maire
Chargée de l'action sociale et des solidarités
94550 CHEVILLY LARUE
France
© Camer.be: Correspondance de : Hermine RIGAUD