Serge_FossoMonsieur Serge NGAJUI FOSSO cité dans la carte blanche de Brussels Airlines «  Brussels Airlines ne peut accepter les comportements à risque » publié dans le quotidien belge Le Soir datant du 11 juillet dernier . Nous diffusons ce jour l’intégralité de son droit de réponse adressé à Brussels Airlines et parvenu au Collectif Folefack ce jour

Dans une carte blanche parue dans le quotidien le SOIR du 11 juillet 2008, Brussels Airlines, une fois de plus, et après l’intervention de son porte parole M. Thierry van Eyll le 8 juillet sur la RTBF, utilise ses armes favorites : le mensonge, la mauvaise foi, l’irresponsabilité et l’intimidation pour justifier ma suspension de tous ses vols pour une période de 6 mois.

Dans cette carte blanche, Brussels Airlines écrit que le Commandant de bord aurait estimé que mon comportement mettait en danger le vol et m’aurait, conformément aux procédures et à la loi belge de mai 2006 demandé de quitter l’appareil.

Affirmer que le commandant de bord m’aurait demandé de quitter l’appareil est contraire à la vérité, c’est une affabulation, un mensonge. Venant d’une compagnie comme Brussels Airlines, c’est un mensonge grotesque, une tromperie ridicule de l’opinion, une fourberie ignoble, une hypocrisie insupportable, incompréhensible et inacceptable. Je maintiens haut et fort qu’à aucun moment, ce 26 avril 2008, dans cet appareil de Brussels Airlines, ni le commandant de bord, ni un membre de l’équipage ne m’a demandé, pour quelque raison que ce soit, de quitter l’appareil.

Pourquoi cette compagnie qui se dit internationale et responsable, et qui réaffirme qu’elle partage de nombreuses valeurs défendues par la ligue des droits de l’homme utilise-t-elle des méthodes aussi médiocres et nauséabondes pour justifier une décision qu’elle prétend assumer entièrement ?

Pense-t-elle qu’elle fera croire à l’opinion nationale et internationale que Bobby Simmé et Honoré Yondjouen débarqués le 09 mars 2006, Philippe Léonardon, Ndema Moussa et moi débarqués le 26 avril 2008, les époux Rigaud menacés de débarquement le 16 mai 2008, ne sommes que des fauteurs de troubles ou des menteurs ?

Nous avons tous en commun le courage d’avoir refusé de nous taire face à des scènes insupportables et inhumaines. Nous avons en commun le courage d’avoir refusé d’être sourds aux appels au secours d’une personne qui était maltraitée. En commun nous avons le courage d’avoir regardé dans la direction d’où venaient ces appels au secours et d’avoir exprimé notre indignation et notre désaccord face au non respect de la dignité et des droits d’une personne en voie d’expulsion.

Nous partageons également le malheur d’avoir été débarqué du vol ou d’avoir été menacé de l’être. Enfin, nous partageons presque tous la suspension des vols de Brussels Airlines.

J’apprends en lisant le billet de cette compagnie aérienne, qu’une procédure judiciaire serait d’ailleurs en cours contre moi.

Cette procédure et la mienne qui est déjà en cours nous donneront enfin l’occasion de dire la vérité à l’opinion publique, de confronter nos arguments, de justifier nos affirmations.

Ces procédures judiciaires me permettront peut-être de pouvoir enfin rencontrer le commandant de bord qui m’aurait, selon Brussels Airlines, demandé sans succès de quitter l’appareil. J’aurais peut-être l’occasion de rencontrer ces membres de l’équipage que M. Thierry Van Eyll m’accuse d’avoir verbalement et physiquement. violenté ou encore ces passagers que j’aurais encouragé à la rébellion à bord. Du délire !

J’aurais enfin l’occasion de parler de DIGNITE, non pas celle dont parlait M. Van Eyll et qui lui avait fait perdre sa langue lors de son interview du 8 juillet sur la RTBF, mais plutôt cette notion qui renvoie à l’idée que « quelque chose est dû à l'être humain du seul fait qu'il est humain » (Paul Ricœur). Cela signifie que tout homme mérite un respect inconditionnel, quel que soit l'âge, le sexe, la santé physique ou mentale, la religion, la condition sociale ou l'origine ethnique de l'individu en question.

Alors rendez-vous au procès, nous y démontrerons notre courage, notre volonté, notre ténacité, notre hargne et notre détermination à nous battre contre l’inacceptable, à le dénoncer fermement et énergiquement, en tout temps et en tout lieu.

Correspondance de Serge NGAJUI FOSSO