COLLECTIF FOLEFACK TSAFACK

L'espace d'informations et d'échange sur les activités relatives aux sans papiers en Belgique et leur vecu quotidien

25 juillet 2008

Belgique : Eric Nguemeleu ,"Pour une régularisation massive de tous les sans papiers"

Eric_Nguemaleu170708400Le mouvement des sans papiers n'émeut pas du tout Annemie Tutelboom. C'est en effet le sentiment que certains illégaux éprouvent depuis l'avènement du gouvernement Leterme 2. Du coup, on se demande où est passée la promesse de soutien du Parti Socialiste aux illégaux. Au mois de mai dernier, le PS avait en effet menacé de quitter le gouvernement si celui-ci ne se prononçait pas sur la question des clandestins dans un délais d'un mois. Le CDH avait également exprimé sa solidarité à ces derniers. Aujourd'hui, les humanistes et les socialistes sont muets. Le gouvernement ne s'accorde pas. Les sans papiers sont livrés à eux-mêmes. Heureusement, des associations et âmes de bonnes volontés se manifestent. Le collectif Folefack a rendu visite aux grevistes de la faim de l'église Saint-Curé d'Ars sous l'oeil des cameras. Camer.be était là.

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15 juillet 2008

Serge Ngajui Fosso « En prenant un vol SN Brussels aujourd’hui, on n’est pas certain d’arriver à destination »

Serge_Fosso_CamerArrivé à Bruxelles le 26 avril dernier Serge NGAJUI FOSSO a été expulsé violemment du vol de SN Brussels à destination de Kinshasa via Douala et gardé en cellule à l’aéroport de Zaventem  pendant plus de 10 heures pour avoir dénoncé les méthodes brutales  utilisées  par des policiers belges pour expulser un Monsieur d’origine africaine.

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11 juillet 2008

Europe : Sotieta NGO , « La grande forteresse européenne devient de plus en plus haute à franchir »

Sotieta_NGO110708275Sotieta NGO, juriste au CIRÉ (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers) commente la décision des ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union Européenne qui ont accepté le 7 juillet 2008 la copie corrigée du « pacte pour l’immigration » de la France. Nous l'avons rencontré à Bruxelles au siège de la FIDH,  le 8 juillet dernier dans le cadre d’une conférence de presse organisée par la Ligue des Droits de l’Homme et le Ciré sur les expulsions.

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09 juillet 2008

Belgique - Afrique : Hermine RIGAUD , « En France on dialogue avec la personne à expulser avant de la mettre dans l’avion »

Mme_Rigaud_CamerLorsqu’elle emprunte le vol SN Brussels Airlines le 16 mai 2008 à Bruxelles en compagnie de son époux, elle ne s’attend pas à vivre un calvaire qui pourra lui coûter une interdiction de vol par la compagnie Sn Brussels pendant six mois. Tout comme Monsieur Fosso le 26 avril dernier, elle s’est insurgée contre les méthodes violentes pratiquées par la police dans le cadre du rapatriement d’un individu en situation irrégulière en Belgique. Madame Hermine RIGAUD , puisqu’il s’agit d’elle est adjointe au Maire, Chargée de l'action sociale et des solidarités à  CHEVILLY LARUE en  France. Camer.be l'a rencontrée à Bruxelles dans le cadre d’une conférence de presse organisée par la Ligue des Droits de l’Homme et le Ciré sur les expulsions.

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25 mai 2008

Belgique : Eric Nguemeleu ,"Pour une régularisation massive de tous les sans papiers"

Eric_Nguemaleu170708400Le mouvement des sans papiers n'émeut pas du tout Annemie Tutelboom. C'est en effet le sentiment que certains illégaux éprouvent depuis l'avènement du gouvernement Leterme 2. Du coup, on se demande où est passée la promesse de soutien du Parti Socialiste aux illégaux. Au mois de mai dernier, le PS avait en effet menacé de quitter le gouvernement si celui-ci ne se prononçait pas sur la question des clandestins dans un délais d'un mois. Le CDH avait également exprimé sa solidarité à ces derniers. Aujourd'hui, les humanistes et les socialistes sont muets. Le gouvernement ne s'accorde pas. Les sans papiers sont livrés à eux-mêmes. Heureusement, des associations et âmes de bonnes volontés se manifestent. Le collectif Folefack a rendu visite aux grevistes de la faim de l'église Saint-Curé d'Ars sous l'oeil des cameras. Camer.be était là. 

Eric Nguemeleu, qu'est devenu le collectif Folefack?

Nous avions dit que nous ne nous arrêtions pas à la seule affaire Folefack. Le collectif travaille d'arrache-pied. Nous étions présents à la conférence organisée à Bruxelles par la Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers (CIRE) et la ligue des droits de l'homme avec notre frère Fosso et madame Rigeaud. Nous sommes solidaires aux actions qui recherchent la justice sur le décès de Folefack. Nous restons convaincu que Folefack ne s'est pas donné la mort. Nous continuons d'oeuvrer afin que ce qui est arrivé à Folefack n'arrive plus jamais dans notre milieu.

C'est dans cette continuité que vous êtes venus soutenir les sans papiers de l'église Saint-Curé d'Ars?

Exactement. En venant ici, nous démontrons notre solidarité à leur grève de la faim. Nous leur apportons notre soutien. Nous tenons tout de même à préciser qu'une grève de la faim peut être néfaste à la santé de ceux qui l'observent. Notre souhait c'est qu'on régularise au plus vite les personnes qui se trouvent en situation irregulière, pas seulement ceux qui occupent l'église, mais également tous ceux qui sont dans la rue et qui n'attendent que les papiers pour travailler.

Vous soutenez donc ouvertement la lutte des sans papiers?

Nous marquons notre soutien aux sans papiers afin que l'Etat Belge qui est soucieuse des droits de l'homme puisse regulariser ces milliers de personnes qui ne troublent nullement l'ordre public. 

Quelles sont les conditions de vie des 39 personnes rassemblées dans l'église Saint Curé d'Ars?

Leurs conditions sont inhumaines et dégradantes. Ils vivent très mal leur situation. Je les ai trouvé affaibli. Ils m'ont fait pitié. Ils ne parviennent même plus à se mettre debout. Il a fallu que les membres du collectif Folefack se déchaussent afin d'aller s'asseoir à leurs côtés pour s'enquérir de leurs situations respectives.

Quels messages leurs avez vous transmis?

Nous leurs avons dit que notre souhait c'est que le ministère du travail fasse son travail et que circulaire Turtelboom dont on parle soit d'application. Nous sommes pour une régularisation massive de tous les sans papiers. Nous ne souhaitons pas que les gens fassent la grève de la faim avant d'avoir leur titre de séjour.

La circulaire donc vous parlez était attendu depuis le mois de mars 2008. Il n'arrive pas. Ne faut-il pas parler de cause perdu pour ces sans papiers?

Non! La Belgique a connu une crise gouvernementale. Nous osons croire qu'après la résolution du problème dont le pays traverse actuellement, on trouvera une issue favorable pour nos frères et soeurs qui sont en attente de leur papier de séjour.

© Camer.be : Interview réalisée par Hermann Oswald G'nowa

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15 mai 2008

Serge Ngajui Fosso « En prenant un vol SN Brussels aujourd’hui, on n’est pas certain d’arriver à destination ».

Serge_Fosso_CamerArrivé à Bruxelles le 26 avril dernier Serge NGAJUI FOSSO a été expulsé violemment du vol de SN Brussels à destination de Kinshasa via Douala et gardé en cellule à l’aéroport de Zaventem  pendant plus de 10 heures pour avoir dénoncé les méthodes brutales  utilisées  par des policiers belges pour expulser un Monsieur d’origine africaine. A ce jour il est suspendu  de tous les vols Brussels Airlines pendant six mois. Plusieurs associations de droit belges le soutiennent dans ses actions judiciaires en cours. Serge Ngajui quant à lui ne compte pas s’arrêter à ce niveau car il pense que voyager désormais avec cette compagnie aérienne, c’est «  se lancer dans une aventure incertaine, surtout qu’on n’est pas sûre d’arriver à destination ». Nous l'avons rencontré

Bonjour Monsieur Fosso, pouvez-vous nous faire part en quelques lignes de ce que vous avez vécu le 26 avril dernier dans un vol de la compagnie Brussels Airlines ?

Bonjour à vous. Effectivement le 26 avril 2008 à l’aéroport de Zaventem en Belgique où je me trouvais en transit pour le Cameroun, je me suis insurgé contre la méthode brutale d’étouffement utilisée par des policiers belges pour expulser, un monsieur d’origine africaine. Suite à cette protestation, j’ai été débarqué violement par la police fédérale belge, et gardé en cellule à l’aéroport pendant plus de 10 heures sans boire, ni manger et ni pouvoir contacter ma famille. La compagnie SN Brussels Airlines, non seulement n’a pas débarqué mes bagages après mon débarquement par la police, mais en plus a pris unilatéralement et sans m’entendre malgré ma demande et ma disponibilité des sanctions à mon encontre à savoir ma suspension de tous les vols Brussels Airlines pendant six mois, le non remboursement des frais de mon billet d’avion jusqu’à ce jour, le non remboursement des objets de valeur soutirés de mes bagages à main récupéré après 12 jours à Douala où j’étais arrivé par un vol d’une autre compagnie. En plus, répondant le 22 mai 2008 par l’intermédiaire de son conseil à la lettre que mon conseil leur avait adressée le 09 mai 2008, et dans laquelle nous leur donnions ma version des faits et leur demandions la levée de ma suspension des vols Brussels Airlines, le remboursement des frais de mon billet d’avion, le remboursement des objets soutirés de mon bagage à main, le dédommagement pour le grave dommage matériel et moral que j’avais subi, la compagnie Brussels Airlines nous a enfin donné sa version des faits.

Dans cette version, Brussels Airlines m’accuse de m’être violemment opposé à la présence d’un déporté accompagné par deux agents de la police fédérale, d’avoir appelé les autres passagers à se joindre à moi afin d’empêcher le rapatriement du ‘’déporté’’ en question, de ne m’être pas conformé aux instructions ‘’Fasten your seatbelt’’ et incité les autres passagers à provoquer une émeute…

Je tiens à vous dire haut et fort que la version des faits de Brussels Airlines n’a rien à voir avec la réalité, rien à voir avec ce qui s’est réellement passé dans cet avion le 26 avril 2008 et tous les passagers de ce vol pourront plus tard le confirmer.

Actuellement, je suis en pleine offensive de communication auprès du publics et des médias, avec des témoignages et des preuves, dont la vidéo qui avait été effacée, et que j’ai, avec l’aide d’un informaticien, pu récupérer une bonne partie - pour démonter cette version que je trouve de mauvaise foi, mensongère, grotesque et totalement irresponsable. La Ligue des Droits de l’Homme et le CIRE me soutiennent jusqu’ici dans les démarches juridiques en cours

Qu’avez-vous fait après  avoir vécu cette situation ?

J’ai diffusé mon récit par internet. Des associations comme le Ciré (ndlr Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Étrangers) , la Ligue belge des Droits de l’Homme  etc. m’ont contacté afin que nous essayons de voir ce que nous pouvons  mener ensemble comme action afin que des actes similaires n’arrivent plus à qui que ce soit dans le futur. C’est aussi dans  ce sens qu’elles m’ont permis de rencontrer des Avocats qui  m’accompagnent et me soutiennent.

Vous avez eu un gros coup moral  le 26 avril et puis un autre  le 1er mai dernier. Est-ce que vous pouvez  expliquer cela aux lecteurs de camer.be ?

Le 26 avril, c’était la première fois que je me retrouvais avec les menottes dans une cellule. Et le second coup c’est quand on m’annonce  le 1er mai au soir aux environs de 18 heures le décès de Monsieur Folefack, celui là que j’ai défendu dans l’avion sans le connaître. C’était vraiment un coup de massue pour moi et jusqu’à ce jour, je pense que ce coup est  toujours visible sur moi parce que je n’ai  pas encore pu me remettre de cette affaire.

Il se chuchote au sein de la diaspora qu’une probable campagne de boycott de la compagnie SN Brussels Airlines est en cours. Êtes-vous au courant ?

J’ai été informé de la démarche par le  Collectif Contre les Violences et les discriminations dans les Avions qui s’est crée au lendemain de mon histoire avec SN Brussels Airlines. Ce collectif a interpellé cette compagnie afin qu’elle fournisse des explications  sur  ces genres de situations  répétitives dans leur avions,  a demandé à Sn Brussels Airlines à me demander des excuses officielles. J’ai également lu  la réponse de SN Brussels Airlines qui se termine plutôt par une menace quand elle affirme qu’elle ferrait  tout pour mettre fin à une action de boycott si cette association  l’entreprenait.

Toujours dans la réponse d’une autre lettre  envoyée par un autre collectif et plus précisément le Collectif Folefack, SN Brussels Airlines affirme que vous avez  supprimé leur réponse sur votre blog . Qu’en n’est-il exactement ?

J’ai enlevé cette correspondance  du conseil de SN Brussels Airlines  tout simplement parce que mon conseil  m’a dit qu’il s’agit d’un courrier  entre les Avocats et que ce n’était pas indiqué de le mettre sur le blog. Mais s’il  existe des personnes qui désirent entrer en possession d’une copie de la dite lettre, je me porte garant à leur faire parvenir un résumé de cette correspondance.

Une pétition a même été initiée par vous  pour attirer l’attention des uns et des autres sur l’attitude de SN Brussels. Où en êtes-vous  à ce jour avec les différentes réactions ?

La pétition en elle-même a été initiée par une personne qui  avait lu mon histoire et qui a estimée qu’elle est injuste. Cette personne avec mon accord a rédigée la pétition et l’a mise en ligne  et à ce jour, beaucoup de personnes  continuent à signer pour montrer leur désaccord  envers le comportement de Brussels Airlines.

Quel conseil Monsieur  Fosso prodigue à des personnes qui voudraient voyager en empruntant des avions  pour des destinations  africaines ou autres ?

En prenant  un vol SN Brussels aujourd’hui, on  n’est pas certain d’arriver à destination. Ce que j’ai vécu peut arriver à n’importe qu’elle personne. Je voudrais également dire à toutes les personnes qui voyagent de ne pas rester  sourd, aveugle, indifférent à tout ce qui se passe et qui va à l’encontre  de la dignité humaine et des droits de l’Homme. Je voudrais simplement dire que s’il ya quelque chose qui se passe et dont vous n’êtes pas en phase avec, il faut protester.

© Camer.be Propos recueillis par Hugues SEUMO

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11 mai 2008

Europe : Sotieta NGO , « La grande forteresse européenne devient de plus en plus haute à franchir »

Sotieta_NGO110708275Sotieta NGO, juriste au CIRÉ (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers) commente la décision des ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union Européenne qui ont accepté le 7 juillet 2008 la copie corrigée du « pacte pour l’immigration » de la France. Nous l'avons rencontré à Bruxelles au siège de la FIDH,  le 8 juillet dernier dans le cadre d’une conférence de presse organisée par la Ligue des Droits de l’Homme et le Ciré sur les expulsions.

Le conseil des ministres européens s’est réuni le 7 juillet dernier à Cannes et a opté pour  l’immigration choisie à la demande la France. Quand on entend des témoignages sur  les personnes expulsés. Qu’est ce  que vous avez comme réflexion?

Réflexion, c’est que malheureusement ce n’est  pas une nouveauté pour la Belgique. La déclaration gouvernementale de la ministre de l’asile et l’immigration déjà en mars ne mentionne pas les termes immigration choisie mais contient dans  l’œuf une immigration par le travail pour répondre aux besoins du marché pas principalement dans les professions en pénurie.  Donc nous ne sommes pas étonnés, c’est la  tendance nationale et Européenne.

Et qu’est ce que  vous pensez de cette tendance ?

On pense que  si les Etats prennent d’une part ce dont ils ont besoin, d’autre part  ils doivent  prendre ce qui est sensé être à leurs charges. Et pour l’instant, la ministre pense un peu trop au besoin des personnes qu’elle est sensée protéger. Dans la déclaration gouvernementale de la ministre de l’immigration au mois de mars, on parle de l’immigration économique et de l’immigration humanitaire ou régularisation humanitaires par des critères. L’actualité pour l’instant montre bien  que du côté des grèves de la faim, ça n’avance pas. On est ravi que cela avance d’un côté  puisqu’il existe des travailleurs qui  sont soucieux de venir travailler ici en  Belgique, occuper des professions en pénurie. Nous aimerions que ça avance sur  tous les fronts également.

L’immigration choisie au niveau Européen, qu’est ce que ça signifie pour vous ? Quels sont les dangers qui y sont liés ?

Outre les dangers liés aux conséquences sur les développements des pays d’origines, il y a aussi un danger lié au marché du travail ici en Belgique. Il ya  d’abord une exploitation  possible car ces professions en pénurie  ne le font peut être pas pour des raisons  qui sont uniquement liés au manque de travailleurs. C’est un problème de reconnaissance  de profession, mais  aussi un danger de l’exploitation des personnes  qui sont aux abois et dont le séjour dépend du travail

Quelles sont les conséquences à court terme de cette politique d’immigration choisie ? Vous pensez qu’elle sera menée pour du long terme ?

Manifestement, c’est une politique qui est  sur le point  de se mettre sur du long terme puisqu’elle sera indiquée dans les textes législatifs. Le problème est la concurrence  entre les travailleurs évidemment et le sentiment de frustration pour  certains par rapport à d’autres.

Quel est le danger pour ceux  qui désirent arriver  dans la grande forteresse Européenne ?

Le  grand danger c’est que la grande forteresse comme vous l’appelez est une forteresse qui devient de plus en plus haute à franchir et que la seule voie pour la franchir semble être  la voix économique. Si c’était la seule  vraie voie existante ça se saurait. Il y a malheureusement des personnes qui arrivent  pour  les raisons du danger pour leur intégrité physique, morale. Et le danger c’est qu’on ne reconnaît que ce besoin économique et à l’encontre de tout  les autres besoins qui existent. L’immigration choisie montre ici le souci de la forteresse  Europe, de choisir  son immigration et de ne pas subir une immigration qu’elle a peut être incluse dans des obligations  internationales de protection des personnes.

Selon vous, c’est un mauvais signal ce qui a été signé justement le 7 juillet dernier ?

C’est un signal partiel et partial parce qu’il ne prend  pas en compte toute une réalité. C’est un mauvais signal s’il n’est pas complété par d’autres mesures dans la politique d’asile et d’immigration par exemple la meilleure protection de ceux qui en ont besoin.

© Camer.be : Propos recueillis par Hugues SEUMO et la RTBF

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09 avril 2008

Belgique - Afrique : Hermine RIGAUD , « En France on dialogue avec la personne à expulser avant de la mettre dans l’avion »

Mme_Rigaud_CamerLorsqu’elle emprunte le vol SN Brussels Airlines le 16 mai 2008 à Bruxelles en compagnie de son époux, elle ne s’attend pas à vivre un calvaire qui pourra lui coûter une interdiction de vol par la compagnie Sn Brussels pendant six mois. Tout comme Monsieur Fosso le 26 avril dernier, elle s’est insurgée contre les méthodes violentes pratiquées par la police dans le cadre du rapatriement d’un individu en situation irrégulière en Belgique. Madame Hermine RIGAUD , puisqu’il s’agit d’elle est adjointe au Maire, Chargée de l'action sociale et des solidarités à  CHEVILLY LARUE en  France. Camer.be l'a rencontrée à Bruxelles dans le cadre d’une conférence de presse organisée par la Ligue des Droits de l’Homme et le Ciré sur les expulsions.

Bonjour Madame, pouvez-vous nous faire part en quelques lignes de ce que vous avez vécu le 16 mai dernier dans un vol de la compagnie Brussels Airlines ?

Effectivement le 16 mai 2008 dans le vol n° SN 353 Y de la compagnie  Bruxelles Airlines lors d'un arrêt de transit à Bruxelles pour un vol en partance pour Yaoundé au Cameroun, en arrivant à mon siège, j'ai constaté qu'il y avait un individu maintenu fortement par 3 autres individus. Cette personne portait une cagoule et une ceinture qui avait des menottes intégrées. Elle était couchée sur 3 ou 4 sièges et les autres personnes la maintenaient couchée afin qu'elle ne bouge pas.  On entendait des hurlements de bête, et la personne se plaignait de ne pas respirer. Cette situation était insoutenable et j'ai essayé d'intervenir oralement. Les individus m'ont alors expliqué qu'ils étaient de la police Belge et qu'ils escortaient un sans papier. Qu'ils étaient obligés de le maintenir car cela faisait 4 fois que cet individu faisait du cinéma. Tous les passagers demandaient le débarquement de la personne maintenue couchée afin que l'on puisse décoller il était inadmissible de décoller avec une personne maintenue couchée et que trois policiers tentaient de faire taire. Mon mari ancien policier retraité en France ayant souhaité que le commandant de bord vienne constater la situation. A été sorti sur une petite passerelle en dehors de l'avion. Un passager m'a informé que mon mari avait été conduit à l'extérieur de l'avion. Je l’ai aperçu sur la plateforme. J’ai voulu essayer de le rejoindre. C’est alors que le policier a fait une clé et je me suis retrouvée par terre et le policier sur moi. Il me maintenait sérieusement immobilisée. Il appuyait son bras sur mon coup de façon à me couper la respiration. Le commandant de bord n'est venu à aucun moment et en arrivant à Yaoundé lorsque j'ai dit aux hôtesses qu'elles devaient avoir honte de travailler en  cautionnant de tels actes, elles m'ont remis une interdiction de vol dans les lignes de Bruxelles Air Lines

Votre mari étant un ancien policier a affirmé tout à l’heure lors de la conférence de presse de  n’avoir jamais assisté à des expulsions de ce genre là .

Il a parfaitement raison de le dire car en France on dialogue avec la personne à expulser  avant de la mettre dans l’avion. On l’amène dans l’avion et elle s’assoit  comme tous les autres passagers. Il y a un travail psychologique  qui est fait au départ. Si elle  ne veut pas partir, on revient  au départ au centre de rétention mais on ne l’attache pas, on ne la brutalise pas. Je pense qu’il y a quand même la possibilité de parler avec les gens à leur faire comprendre  que ça ne sert à rien de durcir, peut être même à leur présenter un projet de retour car ils ne sont pas bêtes. Mais sur le coup du départ forcé c’est normal que l’intéressé refuse. Si on prend le temps de le ménager on peut y arriver.

Mr,Mme Rigaud et Mr Fosso ( Photo Camer.be)

Mme_Rigaud_et_Monsieur_Rigeau_et_Moinsieur_Fosso

Est-ce que vous pouvez voyager demain avec Brussels Airlines ?

Non, et non. A moins qu’ils présentent leurs  excuses publiques qu’ils prennent l’engagement  de changer de position par rapport  aux expulsions forcées.  Ce qui m’écœure le plus c’est que lorsqu’on les interroge par rapport à cette histoire, ils expliquent que j’étais entré dans l’avion où j’ai agressé un policier, un  commissaire de police en civile alors qu’ils sont au courant de ce qui s’est passé.

Y-a-t-il eu une scène de manifestation de la violence de votre part envers la police    ?

Non, de toute façon je ne le pouvais pas car, je n’ai que la parole et pas de force physique pour affronter la police.

Vous aviez initié une plainte contre SN Bruxelles  au niveau du Cameroun. Où en êtes-vous avec la suite ?

Au niveau du Cameroun, j’ai porté plainte contre SN Brussels au commissariat de police de l’aéroport. Le commissaire  m’a dit que cette plainte suivait son cours et elle suivait également la hiérarchie normale, c’est –à- dire  tout ce qui est diplomatie et autres. J’ai aussi  une plainte que je dois  engager avec l’Avocat  qui se trouve actuellement en négociation avec SN Brussels à Yaoundé qui au départ voulais me rembourser 300€, c’est –à-dire le ticket retour que je n’ai pas utilisé. Maintenant, ils envisagent me rembourser les frais supplémentaires  occasionnés  par mon long voyage à savoir l’hôtel,  le billet d’avion  que j’ai payé en plus à Air France, le salaire que j’ai perdu puisque j’ai mis  trois jours  de plus  au Cameroun etc.… Mon Avocat a  expédié un courrier là bas  pour  voir un peu comment tout cela pouvait  coûter  en termes de rupture abusive  de contrat.

Il se chuchote au sein de la diaspora qu’une probable campagne de boycott de la compagnie SN Brussels est en cours.  Êtes-vous au courant ?

J’ai été informé de la démarche du  Collectif contre les Violences et les Discriminations dans les Avions (ndlr CVDA) de Monsieur Maximin Emagna. Je  suis tout à fait  d’accord et partante pour soutenir  toute forme d’action  pouvant faire bouger la compagnie Brussels Airlines. Quand je parle de ce projet à mes proches, tout le monde se sent concerner et n’attends que le coup d’envoi. Je pense que ça peut très bien marcher au Congo, Cameroun et plusieurs autres pays.

© Camer.be : Propos recueillis par Hugues SEUMO

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